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A Marseille, Payan veut affronter seul le RN, la droite se maintient
information fournie par AFP 16/03/2026 à 19:09

Le maire de gauche sortant de Marseille Benoît Payan, le 15 mars 2026, à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le maire de gauche sortant de Marseille Benoît Payan, le 15 mars 2026, à Marseille ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le maire de gauche sortant de Marseille Benoît Payan repart seul pour le second tour, appelant "chacun à prendre ses responsabilités" face à un RN "aux portes" de la ville, une position "irresponsable" pour LFI qui se maintient à ce stade tout comme la candidate de droite.

Après avoir fermé la porte dimanche soir à tout rapprochement avec le député LFI Sébastien Delogu, Benoît Payan, 48 ans, a déposé dès lundi matin sa liste en préfecture, entouré de ses colistiers, l'air confiant et déterminé.

"Face au Rassemblement national, il n'y a ni compromission ni tambouille ni arrangement" mais "il faut de l'union, de la clarté et du rassemblement", a-t-il lancé.

Le maire sortant de la deuxième ville de France, à la tête d'une coalition de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé d'une courte tête (36,70%) devant le député du RN Franck Allisio (35,02%).

Une avance suffisante pour l'encourager à partir seul, tout en admettant qu'un basculement à l'extrême droite de ce port méditerranéen façonné par les métissages serait "un séisme".

LFI est arrivé quatrième à 11,94% et la question d'un éventuel retrait se pose donc sérieusement.

Lundi soir, environ 500 personnes, selon la police, se sont réunies devant l'Hôtel de ville pour demander "l'unité à gauche".

"Je suis dégoûtée par l'attitude de Payan. Si on veut lutter contre le FN il faut une vraie politique de gauche. Il met en péril la ville, je comprends pas ce qu'il cherche", a expliqué à l'AFP Myriam Quatrini, enseignante-chercheuse.

Sébastien Delogu, candidat LFI à Marseille, le 15 mars 2026 à Marseille ( AFP / Elodie CLEMENT )

Sébastien Delogu, candidat LFI à Marseille, le 15 mars 2026 à Marseille ( AFP / Elodie CLEMENT )

"Consternante irresponsabilité arrogante de Benoît Payan, le maire par surprise de Marseille. Il préfère le risque de l'extrême droite à la fusion technique avec LFI", a taclé de son côté le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon sur X.

Sur les réseaux sociaux, Sébastien Delogu s'est borné à dire qu'ils avaient jusqu'à 18H00 mardi "pour redéposer une liste d'union".

Dimanche soir, certains militants marseillais insoumis semblaient pourtant déjà résignés. "L'essentiel, c'est que la gauche ne perde pas cette ville. Chacun sait ce qu'il a à faire pour que ça n'arrive pas", déclarait Fabien, 39 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

- "Elle finira à 5%" -

Dans le camp de la droite et du centre, après un long silence, la candidate Martine Vassal, 63 ans, s'est enfin exprimée dans l'après-midi par voie de communiqué.

"Nos courants doivent continuer à être représentés", écrit la candidate, qui n'a obtenu qu'un petit 12,41%. Un échec cuisant pour cette figure de la politique locale, présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône.

Déjà en 2020, Martine Vassal avait échoué à garder la ville dirigée depuis 25 ans par le LR Jean-Claude Gaudin.

Le candidat RN à Marseille Franck Allisio, le 15 mars 2026, à Marseille ( AFP / Clement MAHOUDEAU )

Le candidat RN à Marseille Franck Allisio, le 15 mars 2026, à Marseille ( AFP / Clement MAHOUDEAU )

"Nous avons tendu la main à Madame Vassal jusqu'au bout, elle n'a pas eu le courage de la saisir. Elle finira à 5% après avoir déçu ses derniers soutiens", a raillé Franck Allisio.

"Nous sommes 3e à un niveau qu'on ne souhaitait pas. Il y a un avantage à Payan mais nous on existe aussi et (...) la métropole va rester dans notre giron, il est important que nous y soyons", a expliqué à l'AFP Renaud Muselier, président Renaissance de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

"Quand vous avez la gauche qui ne nous demande pas de nous retirer et Allisio qui lui nous le demande ça interpelle", a ajouté celui qui s'est toujours posé en rempart contre l'extrême droite.

Les Marseillais, qui n'ont pas accouru aux urnes, avec une participation de 52,17% inférieure à la moyenne nationale, semblent, à l'image des résultats, très divisés.

De gauche à droite montage photo du 15 mars 2026 des candidats à la mairie de Marseille Benoît Payan (coalition de gauche), Franck Allisio (RN), Martine Vassal (LR) et Sébastien Delogu (LFI) ( AFP / JOEL SAGET )

De gauche à droite montage photo du 15 mars 2026 des candidats à la mairie de Marseille Benoît Payan (coalition de gauche), Franck Allisio (RN), Martine Vassal (LR) et Sébastien Delogu (LFI) ( AFP / JOEL SAGET )

"On espère vraiment qu’Allisio reprenne Marseille en main. Que les gens puissent aller à la Canebière, se promener sans risque, qu'il n'y ait plus de drogue qui circule", lâche Sandra Dahan, commerçante de 53 ans.

"Moi, je pense qu'au deuxième tour, le RN risque de passer. Franchement. Je ne sais pas ce que ça sera pour Marseille. Si ça sera mieux ou pire, on verra", dit Béatrice Paul, 62 ans.

1 commentaire

  • 13:43

    Les lfiascistes voteront pour lui, hélas


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